Portrait de Karine Locatelli au terril des Piges, 2026. Photo BPS22

Portrait de Karine Locatelli par Eva Maude TC

Restitution de résidence de Karine Locatelli au BPS22, 2026. Photo BPS22

Karine Locatelli

De Charlevoix à Charleroi

Karine Locatelli vit et travaille près de Charlevoix (Québec), aux Éboulements où elle a établi son atelier-galerie. Cette région aux paysages vertigineux, baignée par la lumière changeante du fleuve Saint-Laurent est devenue le berceau du "pleinairisme" dès le début du vingtième siècle, quand de grands maîtres de la peinture ont souhaité y emmener leur chevalet pour immor­talis­er la nature préservée des bouleversements industriels. 

L’artiste québécoise est en résidence à Charleroi depuis le 7 mars, dans le cadre du partenariat établi entre le Centre Bang (Chicoutimi) et le BPS22.

Elle envisage sa pratique comme une forme de réac­tu­al­i­sa­tion de la tradition pleinairiste tout en veillant à s’éloigner d’une représen­ta­tion purement pittoresque du paysage, et cherche à introduire au cœur de ses com­po­si­tions des éléments qui évoquent de multiples formes de vie et de traces liées à l’activité humaine. Évoluant au gré des accidents du panorama, Karine Locatelli mène une exploration sensible de l’environnement dans lequel elle semble vouloir se fondre. Ensuite dans l’atelier, elle déchire fermement sa toile de coton brut, pour lui donner des dimensions variables. Quand elle l’a contrainte à la forme souhaitée, méthodique­ment, par le truchement de ses encres colorées et de sa plume, elle donne corps, trait après trait aux contours végétaux, minéraux et artificiels des étendues qu’elle a arpentées. Le travail se voit enfin placé à même le sol, fixé au mur ou parfois tendu sur cadre.

Naturelle­ment, ce sont les terrils que Karine Locatelli a souhaité gravir, dès son arrivée à Charleroi. Repro­duisant les gestes de cueillette ou de croquis qu’elle exécute habituelle­ment de l’autre côté de l’Atlantique, observant les traces du vivant, documentant ses explo­rations par la pho­togra­phie, elle a fait crisser sa plume sur le coton tissé pour composer des œuvres souples où se sont parfois invités les motifs de l’art nouveau ou les cases de la BD. Souhaitant pencher nos regards sur la présence de la nature en milieu urbain, qui rend peut-être encore plus précieux chaque arbre, chaque parcelle de verdure, Karine Locatelli a installé ses propo­si­tions sous la grande halle de verre du musée. Elles sont les fragments d’un voyage "empaysagé", qu’elle dépose ici pour nous emmener au pied du Martinet, sur les sentiers du Calvaire, dans les méandres du terril des Piges ou sur les hauteurs de la halde Saint-Théodore.

Les recherches liées à la résidence de Karine Locatelli font l’objet d’une restitution que vous pourrez observer si vous visitez Porcelaine et faits divers ou "…puisque bafouillent aussi les astres", nos expositions en cours jusqu’au 3 mai 2026, ou si vous venez au salon des images les 9 et 10 mai 2026 dans le cadre de Papier Carbone.

Retrouvez Karine Locatelli sur Instagram et sur son site web.

Restitution de résidence