Jean-Jacques Bonnier
Ath (BE), 1963 -
Fils de cheminot, Jean-Jacques Bonnier perd son père très jeune et grandit au sein d’une fratrie nombreuse, entouré de sa mère et de ses sept frères et sœurs. Dans ce contexte familial, modeste et dense, Jean-Jacques Bonnier est peu attiré par l’école ; il suit néanmoins quelques cours d’horticulture. Cette formation, bien que brève, semble avoir laissé une empreinte durable dans son travail. La nature y est en effet omniprésente : palmiers, arbres, fruits et fleurs apparaissent régulièrement dans ses dessins, comme s’ils constituaient une ossature essentielle de ses compositions.
L’artiste accorde une place centrale au monde des apparences. Il puise largement son inspiration dans l’imagerie populaire, notamment celle des magazines comme Paris Match. Ses œuvres mettent en scène des figures issues d’un imaginaire médiatique et exotique : Indiens, cowboys, femmes en bikini évoluent dans des paysages lumineux, souvent dominés par un ciel bleu éclatant. Ce bleu, omniprésent, se retrouve également dans les yeux des personnages et des animaux, comme un motif obsessionnel.
Les animaux occupent eux aussi une place importante dans son univers : oiseaux, guépards, chevaux et vaches apparaissent dans des scènes évoquant la jungle ou des décors de cinéma. Ces représentations, bien que séduisantes au premier regard, participent d’un monde recomposé, presque artificiel, où le réel semble filtré par l’imaginaire collectif et les images médiatiques. Le travail de Bonnier est également traversé par des références au folklore local. Les personnages portent parfois des masques ou des déguisements, une influence que l’on peut relier à la tradition des géants d’Ath, célébration populaire emblématique de sa région. Cette dimension carnavalesque introduit un jeu sur l’identité et l’apparence, renforçant l’ambiguïté de ses figures.
