Rachel Baes

Née à Ixelles en 1912 – Décédée à Bruges en 1983

Fille du peintre Émile Baes, Rachel Baes est élevée dans un milieu privilégié. Elle fréquente un pensionnat pour jeunes filles en Suisse où elle reçoit une éducation stricte et religieuse qui préfigure l’univers de ses futures peintures. À 13 ans, enfant rebelle manifestant une aversion pour l’école et la discipline, elle se dés­in­téresse de ses études pour privilégier la musique et les arts. Elle s’initie à la peinture dans l’atelier de son père, peintre de nus et por­traitiste mondain. Elle conçoit elle-même ses robes et ses chapeaux, témoignant d’un goût pour les étoffes que l’on retrouvera dans ses œuvres antérieures. En 1929, à l’âge de 17 ans, elle expose au Salon des Surindépen­dants, à Paris. Elle peint prin­ci­pale­ment des marines, des portraits et des natures mortes de grand format et des fleurs dans un style vigoureux et influencé par l’expressionnisme flamand. Deux ans plus tard, elle épouse le journaliste Robert Leurquin, dont elle divorcera finalement en 1944.

En 1936, elle fait la rencontre de l’homme politique flamand Joris Van Severen (1894-1940), fondateur du mouvement nation­al­iste et fasciste du Verdinaso. C’est le coup de foudre et le début d’une liaison tourmentée à cause des tensions que cela suscite avec sa famille : Rachel Baes sera internée dans un institut psy­chi­a­trique à Jette pour traiter une dépression avec tendance suicidaire. Le 10 mai 1940, avant même l’invasion allemande de la Belgique, Joris Van Severen est arrêté en raison de ses convictions politiques que la Sûreté de l’État voit comme une menace. Avec d’autres personnes – dont Léon Degrelle, il est emprisonné à Bruges, extradé vers la France puis exécuté, le 20 mai, par des militaires français à Abbeville. Rachel Baes, alors réfugiée en France avec sa famille, ne l’apprendra que plusieurs mois plus tard. Ce drame sera le tournant tragique de son existence et déterminera sa nouvelle façon de peindre. Après la guerre, elle se détourne « de l’aspect décoratif de ses œuvres pour aborder une peinture intro­spec­tive où se jouent, dans une matière large et une technique sans concession, tous les drames de l’enfance. »