Serge Delaunay

Charleroi (BE), 1956 – Neufvilles (BE), 2021

Né en 1956, Serge Delaunay appartient à la génération du baby-boom. Son enfance est marquée par des conditions familiales difficiles. Sa mère, illettrée, quitte le domicile conjugal pour vivre avec un autre homme, tandis que son père retourne en France. Serge, avec ses six frères et sœurs, se retrouve livré à lui-même avant d’être confié à une tante maternelle. Ce contexte social modeste, peu stimulant, ainsi que cet abandon précoce, ont pro­fondé­ment marqué l’artiste et constituent un socle traumatique influençant son parcours.

Adolescent dans les années 1970, il grandit dans une période de profondes mutations culturelles et tech­nologiques : guerre froide, conquête spatiale — marquée notamment par les premiers pas de l’homme sur la Lune en 1969 —, guerre du Vietnam, luttes pour les droits civiques ou encore émergence du féminisme. Par­al­lèle­ment, l’explosion du rock, l’essor de la con­som­ma­tion de masse et la démoc­ra­ti­sa­tion de l’automobile façonnent l’imaginaire collectif. Ces éléments nourriront durablement son univers artistique.

À l’âge de 22 ans, Serge Delaunay intègre le Centre Reine Fabiola de Neufvilles, où il est affecté à des ateliers occu­pa­tion­nels. Peu intéressé par le travail manuel — notamment l’assemblage de dynamos —, il se montre réfractaire aux tâches imposées, allant jusqu’à les saboter. C’est toutefois dans ce contexte qu’un responsable découvre ses dessins, esquissés en marge de son établi. Cette révélation marque un tournant décisif : il rejoint l’atelier de création Campagn’Art et se consacre dès lors quo­ti­di­en­nement au dessin, avec une intensité qui ne se démentira jamais jusqu’à sa mort en 2021.

En 1985, il est inscrit, avec son frère Alain, à l’Académie des Beaux-Arts de Mons. S’il y apprécie l’enseignement, celui-ci influence peu son œuvre, tant son style personnel s’impose avec force et authenticité.