© Rachel Baes, Cimetiere de banlieue, 1944. Collection Province de Hainaut

Rachel Baes

Cimetière de banlieue, 1944

« J’aime les enfants jusqu’à sept ou huit ans environ, mais pas après, car jusque-là, ils sont dans le rêve, dans l’inconscient ; après, ils deviennent « intelligents. »

« Rien n’a eu un impact plus certain sur mon psychisme que les souvenirs de ma petite enfance. »

Entre 1940 et 1945 environ, l’œuvre de Rachel Baes révèle une phase de profonde intro­spec­tion. L’artiste s’éloigne alors des intérieurs expressifs et foisonnants, des scènes florales et marines, ainsi que des portraits raffinés qui car­ac­téri­saient sa production antérieure. Cette période est marquée par une attention nouvelle portée à des motifs plus graves, tels que la mer, les vues de Bruges et les cimetières, en résonance avec la mort, en 1940, de Joris van Severen, figure essentielle de sa vie. C’est également durant ces années que s’élabore la série de petites filles (L’Enfant oubliée, 1942 ; Jeunes filles, 1943 ; Les Enfants perdus, 1945 ; La Marelle, 1945 ; Le Verger, 1946) dont La Guerre des deux roses peut-être rapprochée.

La composition adopte une vue aérienne qui confère à la scène un caractère presque ciné­matographique, accentuant sa dimension dramatique. Une petite fille, isolée, se tient face à la grille d’un cimetière : elle contemple la mort tout en éprouvant sa propre solitude. Cette grille constitue une frontière ambiguë — l’accès lui est-il interdit ou hésite-t-elle elle-même à la franchir ? L’espace représenté évoque un jardin emmuré, à la fois clos et chargé de symboles, où l’enfance se confronte à l’inéluctable.

  • Date 1944
  • Technique Huile sur toile
  • Dimensions

    33 x 50 cm (hors cadre)

Peinture

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