Michiel De Jaeger, Laura Delvaux, Anaïd Ferté, Iconique Laura en argentique, 2022. ©Michiel De Jaeger / La "S" Grand Atelier

Michiel De Jaeger

Iconique Laura en argentique, 2022

En 2013, prenant part au projet Ave-Luïa, un regard brut sur la religion mené par les artistes de La « S » Grand Atelier, Laura Delvaux a transcendé sa pratique. Sublimant de ses laines flam­boy­antes des statues de Vierge en plâtre, elle se substitue alors à une figure sacrée dans ce cliché réalisé par Michiel De Jaeger, artiste-accom­pa­g­na­teur et Anaïd Ferté, artiste responsable de l’atelier textile au centre d’art brut & con­tem­po­rain. Elle-même vêtue de tricots colorées et auréolée d’un voile diaphane, Laura Delvaux apparaît comme une figure puissante empreinte de mysticisme. Pho­tographiée en contre-plongée, son portrait est rendu imposant, voire menaçant. Les per­spec­tives sont allongées, les yeux cernés d’ombres et le fond noir force le spectateur à se concentrer uniquement sur le sujet. D’une main, elle tient une peluche et ce qui semble être du rembourrage en laine de bois… peut-être une création en cours ou un être à qui elle s’apprête à redonner vie. Son autre main est par­ti­c­ulière­ment troublante : ses doigts allongés, crochus, intenses traduisent une intériorité brute. Métaphore d’une distorsion émo­tion­nelle, cette main rappelle l’expression manifeste des doigts et du regard du vampire Nosferatu de Freidrich Wilhelm Murnau, ainsi que certains portraits d’expressionnistes autrichiens comme Lilly Steiner ou Oscar Kokoschka qui, dans l’entre deux guerres, s’éloignèrent de la représen­ta­tion académique stricte pour conférer aux gestes physiques une charge psy­chologique. Dis­pro­por­tion­née, dramatique, la main de Laura Delvaux agit comme le miroir de son âme pour transmettre une émotion et une tension vitale. 

  • Date 2022
  • Technique Photographie argentique, tirage sur papier toilé
  • Copyright © Michiel De Jaeger
Photographie

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