© Jane Graverol, le rendez-vous, 1965. Coll. Province de Hainaut

Jane Graverol

Le rendez-vous, 1965

Dans Le Rendez-vous, Jane Graverol développe une pratique du collage qu’elle explore par­ti­c­ulière­ment dans les années 1960-1970. Sa démarche, proche d’une forme ency­clopédique, témoigne d’une vaste culture visuelle en intégrant des fragments variés : cartes d’atlas, images d’histoire de l’art, pho­togra­phies d’actualité ou encore objets du quotidien.

L’œuvre s’inscrit dans un contexte de profondes mutations sociales et tech­nologiques (guerre du Vietnam, conquête spatiale, essor de la société de con­som­ma­tion). À travers ces emprunts, Graverol se rapproche de l’esthétique du Pop Art, faisant de l’image un reflet du monde réel plutôt qu’une simple expression subjective.

La scène représente, fait rare chez l’artiste, un homme vu de dos, traversant une route dans une atmosphère indéter­minée, entre jour et nuit, baignée de tons bleu-gris. Sur sa veste, un collage mêle un piano ancien et une peinture évoquant des muses musiciennes, suggérant un lien avec l’art et l’héritage culturel.

Face à lui, une figure féminine — une muse ( ?) en robe rose — semble s’échapper de la composition : elle flotte au-dessus d’une foule de man­i­fes­tants représentée sur un mur, à moins qu’il s’agisse d’une barricade. L’homme paraît se diriger vers elle, comme attiré par une idéal­i­sa­tion ou une échappée hors du tumulte collectif.

Ainsi, l’œuvre opère un entrelace­ment subtil entre mythologie et actualité, opposant la poésie intem­porelle des muses à la réalité agitée du monde contemporain.

  • Date 1965
  • Technique Peinture et collage sur toile
  • Dimensions

    80,5 x 70,5 cm (hors cadre)

Peinture

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