André Bauchant est un peintre autodidacte issu d’une famille modeste, vivant dans un quartier populaire d’une petite ville du centre de la France. L’école publique, obligatoire et gratuite, est toute neuve : il la fréquente avec assiduité jusqu’en 1887 et fait preuve d’une grande curiosité intellectuelle. Suivant les traces de son père, il entreprend une formation de jardinier et crée une entreprise de pépinières qui devient vite prospère. Il se marie en 1900. Mais la guerre éclate et, en 1914, il est mobilisé et embarque pour le front d’Orient et la Grèce. Là, il découvre la lumière, la mer, les montagnes, les côtes escarpées, les coquillages inconnus jusqu’alors et s’initie au dessin, développant un sens précis de l’observation.
Après la guerre, il retrouve ses pépinières qui ont périclité et sa femme devenue folle. Il s’isole avec elle dans les bois et tandis qu’il travaille aux champs pour gagner sa vie, il commence à peindre avec des moyens rudimentaires. Repéré dès 1921 au Salon d’Automne par Amédée Ozenfant et Le Corbusier, il s’impose progressivement comme une figure majeure de la peinture naïve. Soutenu par des galeristes et critiques comme Jeanne Bucher et Wilhelm Uhde, il est associé aux « primitifs modernes », un groupe de peintres naïfs évoluant en marge des avant-gardes.
Son œuvre, riche et variée (mythologie, religion, paysages, fleurs), lui vaut une reconnaissance internationale, renforcée notamment par une collaboration avec Serge de Diaghilev pour les Ballets russes. Il travaille également à des cartons de tapisserie pour les manufactures de Beauvais et des Gobelins, sur des commandes de l’État. Exposé en Europe et aux États-Unis, il connaît un succès croissant.
Veuf en 1943, puis remarié en 1950, Bauchant poursuit son activité jusqu’à la fin de sa vie malgré la maladie. Décoré de la Légion d’honneur, il meurt en 1958 à Montoire-sur-le-Loir, laissant une œuvre abondante d’environ 3 000 toiles.