Né dans une famille modeste d’origine italienne, Constant Montald grandit à Gand au sein d’une fratrie nombreuse. Tout en travaillant comme peintre en bâtiments, il suit entre 1874 et 1883 les cours de l’Académie des Beaux-Arts de Gand, où il se forme à la peinture décorative. Lauréat d’un premier prix en 1885, il poursuit sa formation à Paris, où naît son attrait pour la peinture monumentale. En 1886, il obtient le prestigieux Prix de Rome avec Diagoras porté en triomphe par ses fils. Ce succès lui permet d’entreprendre un long séjour en Italie, déterminant pour son évolution artistique. Il y découvre les fresques de Pompéi, les mosaïques byzantines de Ravenne, ainsi que l’œuvre de Giotto et de Michel-Ange, dont l’influence sera durable. Fasciné par la richesse décorative et la monumentalité, il intègre progressivement l’or et une palette inspirée de l’art byzantin dans ses compositions.
À son retour, Constant Montald développe une œuvre décorative originale, mêlant influences symbolistes et décoratives. Dès 1894, il participe à des expositions aux côtés de Jean Delville, peintre symboliste, théoricien d’art et organisateur du Premier Salon d’Art Idéaliste, Auguste Donnay, Léon Frédéric et Victor Rousseau. Ces cercles artistiques s’inscrivent dans le sillage de la Rose-Croix, un ordre esthétique et ésotérique fondé par Joséphin Péladan, cherchant à élever l’art au-delà du réel pour exprimer des idées spirituelles. Sa peinture évolue alors vers un univers idéalisé, empreint de mysticisme et d’harmonie. Ses personnages, gracieux et idéalisés, souvent pâles, sans individualité marquée ni poids apparent, semblent désincarnés. Ils évoluent dans des paysages végétaux stylisés, faits de parcs, de fontaines et d’architectures idéales.
Nommé professeur à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles en 1896, il y enseigne pendant plus de trente ans et forme plusieurs artistes majeurs, dont René Magritte, Paul Delvaux et Jean Ransy. Son influence pédagogique est considérable dans le développement de l’art belge du XXe siècle.
Entre 1907 et 1912, il réalise plusieurs œuvres importantes comme La Barque de l’Idéal, La Fontaine de l’Inspiration et L’Arbre bénit, qui témoignent de cette orientation idéaliste et l’influence des préraphaélites. Ses compositions intègrent de plus en plus la figure humaine mais celle-ci est absorbée dans des décors végétaux stylisés, faits d’arbres, de fleurs et de jardins imaginaires et réduite à un rôle de figurant.
En 1910, il s’installe à Woluwe-Saint-Lambert, dans une villa monumentale construite par l’architecte Van Massenhoven suivant les désirs et les plans du peintre et entourée d’un immense jardin. La « Villa Montald » devient le lieu de rendez-vous d’un cercle intellectuel et artistique, notamment le poète Émile Verhaeren, avec lequel il entretient une amitié profonde et durable.
Après la Première Guerre mondiale, il poursuit son activité et participe à des projets d’art monumental, notamment pour le Cinquantenaire à Bruxelles. Il réalise également des décors pour des bâtiments publics, dont le théâtre de Louvain. Reconnu officiellement, il est nommé membre de l’Académie royale de Belgique en 1934 et reçoit plusieurs distinctions. Devenu veuf en 1942, il meurt le 5 mars 1944.