Emilio Lopez-Menchero

1960 (BE)

Architecte de formation, Emilio López-Menchero est diplômé de l’Institut Supérieur d’Architecture de La Cambre (Bruxelles) en 1986. Il consacre son mémoire de fin d’études à l’architecte autrichien Hans Hollein, auteur du manifeste Alles ist Architektur ("Tout est archi­tec­ture") publié en 1967. Il poursuit sa formation à La Cambre au sein de l’atelier ​"Espaces Urbains" de Jean Glibert. Son travail artistique se réfère constamment à l’architecture. Ses œuvres résultent souvent d’un subtil mélange entre cette discipline et les arts plastiques. Depuis 1999, il enseigne au sein de l’option ​"AA Art & Archi­tec­ture" de La Cambre-Horta.

Qu’elle soit per­for­ma­tive, picturale, pho­tographique, vidéo­graphique, audio, sculpturale ou qu’elle s’immisce dans l’espace urbain, l’œuvre de López-Menchero tente d’intervenir sur le réel. Le corps et l’identité sont les piliers de sa démarche. Le corps comme échelle de mesure, comme réceptacle de flux nerveux ou comme ​"objet" fantasmé est également le véhicule de toute con­struc­tion identitaire. Cette con­struc­tion est marquée, dans le travail de l’artiste, par sa double culture belgo-espagnole. L’artiste porte par ailleurs un intérêt particulier aux migrants et à la figure de l’artiste. Ce rapport à l’identité est par­ti­c­ulière­ment marquant dans sa série Trying to be initiée en 2000. Il s’immisce dans la peau d’artistes (Pablo Picasso, Honoré de Balzac, Cindy Sherman, Frida Kahlo, James Ensor) ; mais également de personnages historiques comme Yasser Arafat, Raspoutine ou Che Guevara. Ces incar­na­tions se basent sur des archives qu’il tente d’approcher avec le plus d’exactitude possible par le médium pho­tographique et pour lesquelles le trav­es­tisse­ment nécessite une démarche intro­spec­tive aidant l’artiste à composer sa propre identité.

Ses pièces mul­ti­dis­ci­plinaires et polymorphes se font écho les unes aux autres et mettent en exergue les codes de la société occidentale. Il a réalisé plusieurs œuvres dans l’espace public dont Pasionaria. Dédiée à tous les migrants, cette inter­ven­tion permanente est un porte-voix d’une longueur de 4 mètres, situé au début de l’Avenue de Stalingrad à Bruxelles, près de la Gare du Nord, à un point névralgique de la capitale belge où se déroulent de nombreuses manifestations.