Hugues Joly

Likasi (RDC), 1954

Né à Likasi (anci­en­nement Jadotville), en République démoc­ra­tique du Congo, Hugues Joly passe ses premières années dans un contexte marqué par l’autorité paternelle, son père étant militaire et réputé strict. De retour en Belgique, il est scolarisé à l’école Decroly avant de suivre une formation en hor­ti­cul­ture. Par­al­lèle­ment, son éducation religieuse se construit au contact de ses grand-mères, qu’il accompagne régulière­ment à la messe. Cette double influence – rigueur morale et imprég­na­tion spirituelle – constituera un socle déterminant dans son œuvre.

Lorsqu’il intègre l’atelier de La Pommeraie au tout début des années 1990, Hugues Joly développe un travail essen­tielle­ment centré sur des scènes religieuses classiques : descentes de croix, cru­ci­fix­ions, dernières cènes ou mises au tombeau. Ces premiers dessins, réalisés au pastel à l’huile, témoignent d’une icono­gra­phie tra­di­tion­nelle, directement nourrie de sa foi et de son imaginaire chrétien.

Pro­gres­sive­ment, une trans­for­ma­tion s’opère. La figure féminine s’introduit dans ses com­po­si­tions, d’abord sous une forme encore idéalisée et auréolée, puis de manière de plus en plus affirmée. Les femmes appa­rais­sent vêtues, puis par­tielle­ment dénudées, jusqu’à occuper entièrement l’espace pictural sous forme de nus. Ce glissement marque un tournant majeur : la femme devient le sujet central de son œuvre, remplaçant peu à peu les scènes religieuses initiales. Inspiré par l’imagerie populaire – magazines de mode, figures médiatiques telles qu’Eva Longoria ou Claudia Schiffer – Joly développe une icono­gra­phie où la femme-objet, souvent en pose, s’impose comme motif dominant.