Violaine Lochu
Née en 1987 à Laval, France Vit et travaille entre Montreuil (France) et Cotonou (Bénin)
Violaine Lochu est diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Arts plastiques de Paris-Cergy et titulaire d’un Master 2 de recherche en arts plastiques à l’Université de Rennes II. Performeuse polyphonique ayant fait de sa voix son instrument, elle a également étudié la musique au Conservatoire - elle joue du piano et de l’accordéon. Très tôt intéressée et attirée par des répertoires non-francophones, elle part en quête d’autres sonorités : dans le sud de l’Italie, elle apprend la pizzica, une danse traditionnelle - et la musique qui l’accompagne - héritée de la tarantelle ; en Europe centrale et de l’est, elle embrasse la musique klezmer et étudie le yiddish ; chez les Sami de Laponie, elle découvre le joik, un chant de tradition chamanique restituant l’essence-même d’une personne, d’un paysage, d’un animal, etc. De ces rencontres, Violaine Lochu retient l’importance de la transmission orale et les usages vernaculaires du chant, des contes, des mythes dont elle déplace la pratique dans des contextes inattendus, modernes et urbanisés.
Si elle emprunte à des savoirs indigènes locaux ou lointains, les pratiques de Violaine Lochu s’inscrivent dans une histoire récente de la performance et des pratiques écoféministes. Nourrie de lecture en anthropologie (Nastassja Martin), sociologie (Bruno Latour) ou philosophie (Donna Haraway, Vinciane Despret), l’artiste réinvestit le vocabulaire sonore, visuel, sémantique et gestuel des manifestations politiques, des sociétés guerrières, des cérémonies animistes, pour proposer de nouveaux récits et de nouvelles alliances qui sont autant des cris de révolte que des rituels de guérison. Beaucoup de ses projets subvertissent les oppositions binaires qui sous-tendent les modes de domination et remettent en question les normes linguistiques. Ainsi, dans ses performances, proches de la poésie sonore, tant sa voix que son corps deviennent malléables, souffrent, crissent, s’hybrident, se métamorphosent pour devenir tour à tour animal, végétal ou minéral et brouiller les identités.
