Banks Violette

Anthem (twin-suicide), 2005

Décrite par l'artiste comme un "coucher de soleil vertical", cette instal­la­tion se présente comme une variation con­tem­po­raine du romantisme pictural allemand, et plus par­ti­c­ulière­ment comme un hommage à Caspar David Friedrich (1774-1840). A l'inverse de la composition tra­di­tion­nelle du paysage, construite sur des lignes hor­i­zon­tales, la sculpture est faite de lignes hor­i­zon­tales de lumière, qui convergent vers le centre de la composition. Le spectateur y fait face comme à un paysage infini, à la fois sublime et vertigineux, dans lequel il peut être absorbé et se perdre, comme il peut se perdre en lui-même.

L'influence de Friedrich se manifeste ici autant dans l'usage de la lumière que dans la dimension intro­spec­tive de l'expérience. Peintre majeur du romantisme, Friedrich s'attachait à représenter les grands spectacles de la nature – aube, crépuscule, brouillard – tout en traduisant des états intérieurs intenses. On retrouve ce lien entre monde extérieur et profondeur intime dans la citation qui lui est attribuée : Le peintre ne doit pas simplement peindre ce qu'il voit devant lui, mais aussi ce qu'il voit en lui-même. S'il ne voit rien en lui-même, qu'il cesse aussi de peindre ce qu'il voit devant lui.

De même, l'œuvre de Banks Violette invite à une plongée méditative dans la lumière, trans­for­mant un dispositif minimaliste en une expérience émo­tion­nelle et spirituelle.

  • Date 2005
  • Copyright © Banks Violette – Collection de la Province de Hainaut
Installation

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