Maurice Rapin

Paris, 1927 – Vélizy-Vil­la­cou­blay, 2000

Né à Paris en 1927 et disparu à Vélizy-Vil­la­cou­blay en 2000, Maurice Rapin occupe une place singulière dans l’histoire de la figuration d’après-guerre. Issu d’un milieu où les sciences et les math­é­ma­tiques constituent l’horizon naturel des ambitions familiales, il reçoit très tôt une éducation intel­lectuelle exigeante. La lecture de William Blake, puis de Poe, Walter Scott ou Kipling, nourrit son imaginaire, tandis que la maladie – un asthme sévère diag­nos­tiqué durant la guerre – l’oblige à de longues périodes d’isolement consacrées à la lecture, à la musique et à la réflexion.

Les années de guerre marquent pro­fondé­ment sa per­son­nal­ité. Confronté aux privations, aux bom­barde­ments et à l’angoisse collective, il participe à la Résistance en trans­portant tracts et journaux clandestins. Par­al­lèle­ment, il développe une intense curiosité intel­lectuelle, découvrant Kant, Hegel ou encore George Boole. Il visite le château d’Anet qui le marque pro­fondé­ment et l’amène à col­lec­tion­ner des repro­duc­tions des grands orne­man­istes (Les Grandes arabesques d’Androuet du Cerceau, Les Alphabets de Théodore de Bry, Le Traité des Encadrements de Simon de Colline, Les Motifs de Blondus ou encore Le Catalogue des Crémones de Everaert et Garnier). Son goût pour la littérature car­olingi­en­ne le conduira à produire des manuscrits historiés d’initiales et de scènes en trompe-l’œil, suivant une technique qui persistera jusque dans les années 1950. Toutes ces « rencontres » contribuent à forger une pensée où se mêlent sciences, philosophie et exploration des mécanismes de l’imaginaire.