Stijn Cole
1978 (BE)
Depuis 2002, Stijn Cole développe une œuvre multidisciplinaire –peinture, photographie, dessin, sculpture, vidéo, installation– oscillant entre figuration et abstraction, largement nourrie de réflexions conceptuelles sur l’art et ses procédés. Truffée de références à l'histoire de l'art, notamment à la peinture de paysage, du classicisme à l'impressionnisme, sa pratique s'ancre également dans l'expérience personnelle: chaque série d'œuvres est associée à une période, une promenade, un voyage. Cette dimension intime confère à ses créations une valeur presque analytique.
L'approche du plasticien repose sur une décomposition méthodique de l'exercice de vision, dans laquelle l’écoulement du temps joue un rôle central. Il fragmente l'espace visuel en éléments isolés, qu'il décompose de manière presque scientifique, tout en s’autorisant toutes les licences poétiques qu’il juge nécessaires. Ce processus analytique invite le regardeur à recomposer mentalement l'image d'origine, à combler les vides, à reconstruire l'étendue de l’hors-champ, et mesurer les processus de constructions du réel. En isolant ainsi chaque fragment, l'artiste ouvre un espace de perception élargi, dans lequel le paysage ne se donne jamais totalement, mais se devine, entre abstraction sensible et réminiscence.
L’art de Stijn Cole tient dans cette maitrise d’un équilibre constant entre des préoccupations très personnelles et des évocations communes partageables à l’envi, comme des paysages longuement contemplés. Quoi de plus commun aux êtres humains que l’expérience du temps qui passe; quelles qu’en soient ses modélisations? Accumuler du temps serait même le propre de l’espèce humaine a affirmé le philosophe et scientifique Alfred Korzybski. Quelle que soit l’appréciation portée sur cette affirmation, l’expérience de la durée et son expression par les moyens de l’histoire de l’art est une préoccupation récurrente qu’assume l’artiste.