Stijn Cole

Cancale #2 - Cancale #3, 2017

Qu’il soit peint ou dessiné, campé en ses détails ou épuré jusqu’à ses lignes struc­turantes, le paysage, chez Stijn Cole a toujours valeur de synecdoque. Il est la partie qui suggère le tout, lequel reste insai­siss­able dans sa totalité, un peu à la manière de Caspar David Friedrich. Même lorsqu’il réalise des polyptiques pour suggérer des changements de position de l’observateur, lesquels sont aussi des changements de lumière, Stijn Cole ne déroge pas à cette règle. C’est toutefois dans ses sculptures qu’il exprime le mieux cette propension à l’épure emblématique.

Pour la réalisation de ces œuvres, Cole a moulé des fragments d'un bloc de pierre qui s'était détaché de la côte du village éponyme, situé à proximité du Mont-Saint-Michel et connu pour ses spé­ci­ficités géologiques : "empreintant" –dans le double sens d’emprunt et d’empreinte– lit­térale­ment chacun des détails qui en cisèle la surface. Reproduit en cire, ces empreintes restituent, en une surface limitée, les aspérités du sol montagneux, à la manière d'un carottage horizontal saisissant un échantillon de croûte terrestre. La précision de la surface reproduite semble alors contredite par la modestie de la surface donnée à voir. Dépossédées de l'étendue qu'elles suggèrent, réduites à des surfaces intensément striées, ces œuvres semblent condenser l'histoire géologique de la côte bretonne et invitent à la recon­stru­ire mentalement, tout en suggérant les périls qui menacent l’environnement.

  • Date 2017
  • Technique Cire d'abeille, peinture à l'huile, époxy et métal
  • Copyright © Stijn Cole / SABAM Belgium 2022 - Collection de la Province de Hainaut. Photo : Leslie Artamonow
Sculpture

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