Valfret (Cyprien Mathieu)
1982 (FR)
Vit et travaille à Tournai (BE)
Connu sous le pseudo Valfret, Cyprien Mathieu est originaire de Haute-Savoie. Attiré par la création de bandes dessinées, il quitte sa région natale en 2001 pour étudier le dessin et la peinture à Arts², à Mons. Il suit ensuite une spécialisation en bande dessinée à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai. Durant ses études, il intègre Cheval De Quatre, un collectif d’auteurs aux styles très différents dont le but est de promouvoir la BD sous de multiples formes par l’édition et l’exposition. Très vite, Cyprien Mathieu se sent contraint par tout un ensemble de conventions inhérentes à la bande dessinée, autorisant difficilement une démarche artistique « brute » ou singulière. Il se tourne alors vers la bande dessinée alternative qui, en marge des circuits éditoriaux classiques (Dargaud, Dupuis, Casterman, etc.), permet des modes narratifs novateurs, une expression plus spontanée et en prise avec des préoccupations sociétales (Bernard Barracuda, éditions Les Requins Marteaux, 2011). Pendant deux ans, il réalise également des cartoons pour Fakir, un journal indépendant et alternatif de gauche fondé, en 1999, par le journaliste et homme politique français François Ruffin, puis collabore avec plusieurs revues indépendantes de création littéraire et artistique (Georges, L’Armée Noire, Nicole) et/ou centrées sur la société contemporaine (Jef Klak, Médor).
A cette époque, ses dessins sont principalement réalisés en noir et blanc, dans un style simplifié, au trait épais. Ils traitent du monstrueux, de la punition, des militaires, de l’anarchisme, de la violence, de la sexualité, du mysticisme, du bizarre… Valfret mêle souvent les supports et les techniques ; éprouvant le feutre, parfois le Tipp-Ex, l’aquarelle, la gouache, l’encre de Chine… Une technique en amenant souvent une autre il se laisse porter à l’expérimentation et donne libre cours à ses émotions. Entre jubilation et perversion, les scènes qu’il y représente sont souvent cocasses. Toujours drôle, piquant nos habitudes et se moquant des phrases banales répétées par tous, du rapport au couple, à la famille, aux enfants, il dépeint les petits travers du genre humain s’adonnant à des activités plus ou moins réprimées par la morale.
A partir de 2011, son style devient plus graphique et spontané. Il découvre et expérimente la couleur grâce à la sérigraphie. Influencé par des collectifs comme Le Dernier Cri ou Bazooka, Valfret réalise des graphzines en auto- micro- édition, principalement en sérigraphie : Papa, Maman et Pinpin (2011), Zigmount (2013-2015), Zinzin (2016), etc. Il s’agit souvent d’assortiments d’images disparates en pleine page formant de courts récits. Il publie également plusieurs livres d’images dans lesquels il expérimente des techniques d’impression multiples comme la sérigraphie, la gravure sur bois, le numérique ou encore le tampon (Goudron (2016), Le Bruit de l’ordure (2017), Le Triomphe de la défaite (2017), Abysse municipal (2018)).
Aux alentours de 2016, avec Benjamin Demeyer et Antoine Breda, Cyprien Mathieu cofonde Kaput, une structure d’édition graphique. Inspiré par l’hyperproductivité, la liberté de création et le champ d’expérimentations que constituent l’art brut, il anime un atelier de dessin et de gravure à destination des personnes mentalement déficientes à l’Institut Bon Pasteur depuis 2014. Il a également travaillé à l’Atelier Sésame à Uccle, un centre de jour pour personne en situation de handicap mental et participé à des ateliers à La « S » Grand Atelier, un centre d’art brut et d’art contemporain situé à Vielsalm. Depuis 2022, il enseigne le dessin à l’École Supérieur des Arts Saint-Luc Bruxelles.
