ORLAN, Documentary Study, The Draped the Baroque n°20, 1993. Collection de la Province de Hainaut

ORLAN

Documentary Study, The Draped the Baroque n°20, 1978

Durant une partie de sa carrière, ORLAN a réinvesti le répertoire icono­graphique chrétien. Elle s’est ainsi approprié les figures féminines religieuses tra­di­tion­nelles ou subversives, comme Sainte Thérèse d’Avila ou Benedetta Carlini. Elle a repris à son compte les jeux formels afférents, comme le plissé et la dynamique émo­tion­nelle du Baroque, esthétique dont elle assume entièrement l’héritage. Elle a toutefois révélé ou imposé à ces figures un nouveau contenu davantage libertaire et égalitaire. De cette manière, ses per­for­mances peuvent être qualifiées de "pro­fana­tri­ces", au sens où l’entend le philosophe italien Giorgio Agamben: "Alors que consacrer (sacrare), explique-t-il, désignait la sortie des choses de la sphère du droit humain pour les installer dans la sphère inac­ces­si­ble du sacré, profaner signifiait au contraire leur restitution au libre usage des hommes." La profanation ainsi entendue est l’usage, par l’homme, d’une chose qui a été isolée dans la sphère sacrée. 

Ainsi entendue, la profanation n’est pas une provocation mais un geste éman­ci­pa­teur qu’ORLAN a répété de nombreuses fois au cours de sa longue carrière, en phase avec les grands enjeux sociétaux de son temps. Elle s’est ainsi auto­proclamée "Sainte ORLAN", Vierge Blanche ou encore Madone, s’appropriant ces figures féminines sacrées de la religion chrétienne pour en libérer leur force de subversion, tout en affirmant sa propre autonomie et son libre-arbitre de femme. L’image a été prise lors d’une performance exécutée aux Halles de Schaerbeek, à Bruxelles. 

  • Date 1978
  • Technique Photographie noir et blanc sur papier
  • Copyright © ORLAN / SABAM Belgium 2025 - Collection de la Province de Hainaut. Photo : Leslie Artamonow
Photographie

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