© Rachel Baes, Le Prince charmant, 1952. Collection Province de Hainaut

Rachel Baes

Le Prince charmant, 1952

Une pièce vide, simplement meublée de bancs d’écoliers. Au fond, une porte ouverte dévoile une autre salle, elle aussi garnie de pupitres, puis une autre encore… Se dessine ainsi une enfilade de pièces com­mu­ni­cantes dont les ouvertures par­faite­ment alignées créent une perspective fuyante, ver­tig­ineuse, semblant ne jamais s’achever. Cette profondeur infinie installe un sentiment d’inconfort, presque d’égarement, comme si le regard se perdait dans une quête sans fin.

La présence des chauves-souris, élément récurrent dans l’œuvre de Rachel Baes, enrichit cette atmosphère ambivalente. En Occident, cet animal hybride est tra­di­tion­nelle­ment associé à l’ombre, à la peur et au démoniaque. Pourtant, chez Baes, il appartient aussi au domaine du rêve, de la magie et de l’imaginaire. Ici, les fillettes ne semblent nullement effrayées : les chauves-souris appa­rais­sent douces, presque pro­tec­tri­ces, comme des compagnes familières. Figures récurrentes dans l’œuvre de Rachel Baes, elles accom­pa­g­nent les personnages dans leur cheminement intérieur. Ainsi, cette affection pour les chauves-souris se retrouve dans d’autres œuvres de l’artiste, telles que La Bib­lio­thèque de Mazarine (1970), où un cardinal tente de s’agripper à une chauve-souris en plein vol, ou encore Le Chien de Sir Walter Scott (1970), où l’animal veille auprès de l’écrivain rêveur d’Ivanhoé.

  • Date 1952
  • Technique Huile sur toile
  • Dimensions

    130 x 161,5 cm

Peinture

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