Armand Simon
Oeuvre,L'œuvre d'Armand Simon se déploie comme une exploration intérieure d'une rare cohérence. Réalisés presque exclusivement à l'encre de Chine dans une technique proche de la gravure, ses dessins donnent naissance à des architectures labyrinthiques, des forêts inquiétantes, des créatures hybrides et des figures féminines fragmentées où s'entrelacent désir, cruauté et métamorphose. Son univers, nourri autant par la littérature que par ses visions intimes, évoque tour à tour de nombreuses traditions artistiques. Ses figures disloquées, dont les seins deviennent parfois des poignards, les vulves des crocs et les jambes des racines jaillissant de terre ou d’une chevelure, évoquent l’érotisme vénéneux de Hans Bellmer, Pierre Molinier ou encore Max Walter Svanberg où jouissance et violence demeurent indissociables. Les architectures infinies et oppressantes rappellent les prisons imaginaires de Giovanni Battista Piranesi, tandis que la puissance symbolique de certaines compositions renvoie à William Blake. Les yeux flottants, les végétaux énigmatiques, les araignées et les organismes fantastiques font écho aux mondes oniriques d’Odilon Redon, alors que certaines métamorphoses et associations d’images convoquent naturellement ou Max Ernst.
L’univers d’Armand Simon entretient également de profondes affinités avec la tradition du roman noir et les visions littéraires de Franz Kafka ou du marquis de Sade, dont les thèmes de l'angoisse, de l'enfermement, de la cruauté et du désir irriguent son imaginaire. Enfin, certaines compositions aux décors orientalisants, aux jardins symétriques, aux labyrinthes ou aux constructions de pierres et d'étoiles rappellent les œuvres spirites d'Augustin Lesage et de Victor Crépin, tout comme les architectures visionnaires du Palais idéal du facteur Cheval et d'autres bâtisseurs singuliers aujourd'hui rattachés à l'art brut.










