© Banks Violette – Collection de la Province de Hainaut

Banks Violette

Pentastar (in the style of demons) 6.23.96, 2008

Cette pièce minimaliste se compose de panneaux de bois recouverts d'une fine couche de résine époxy noire. Le noir profond, réfléchissant comme un miroir, absorbe le spectateur et l'espace environnant, créant une dimension parallèle, monochrome, à la fois austère et séduisante. L'historien de l'art et de la musique con­tem­po­raine Sébastien Biset a mis en évidence l'analogie struc­turelle qui relie la monochromie aux musiques min­i­mal­istes, en particulier le drone metal qui exploite les sons continus jusqu'à saturation.

L'artiste lui-même affirme : "Je pense que l'idée du minimalisme en tant que réduction est une mauvaise inter­pré­ta­tion. Le minimalisme fait sens avec l'espace environnant. Si vous suivez la logique d'une œuvre murale de Donald Judd ou d'une peinture noire de Frank Stella, elles impliquent tout l'espace autour d'elles." Cette réflexion souligne combien l'œuvre ne se limite pas à sa matérialité mais agit comme un champ immersif, engageant une expérience perceptive totale.

Le titre tisse un réseau de références car­ac­téris­tiques de la pratique de Banks Violette. Il renvoie à l'album Pentastar: In the Style of Demons du groupe Earth, sorti le 23 juin 1996, et à l'industrie automobile : le moteur Chrysler Pentastar et le logo de la marque, qui, en 2008, évoquait un pentagramme. Ce motif, lorsqu'il est inversé, est l'un des symboles les plus répandus de l'imaginaire sataniste et du black metal. Entre culture de masse, imagerie musicale et symbolique occulte, l'œuvre condense ainsi plusieurs couches de sig­ni­fi­ca­tions, oscillant entre fascination et inquiétude.

  • Date 2008
  • Technique Époxy, acier, bois, aluminium et peinture
  • Copyright © Banks Violette – Collection de la Province de Hainaut
Sculpture

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