
© Vivian Barigand – Collection de la Province de Hainaut
Vivian Barigand
The Gods Division, 2013Dans The Gods Division, Vivian Barigand met en scène une action lente et silencieuse, proche d'un rituel solitaire. Le corps y occupe une place centrale : filmé dans l'obscurité, il se donne à voir par fragments, dans la durée, à travers une succession de gestes simples, répétés, presque hypnotiques. La vidéo, muette, renforce cette concentration sur le mouvement et sur la présence physique. Privée de parole comme de son, l'image invite à ralentir, à suivre les transformations du corps et à s'abandonner à une temporalité suspendue.
Cette dimension rituelle peut évoquer un état proche de la transe ou du chamanisme, sans que l'œuvre ne renvoie à un rite précis. Les gestes du corps, parfois animaux, parfois plus intériorisés, installent une relation ambiguë entre instinct, recueillement et métamorphose. La lumière, très contrastée, fait apparaitre le torse, le visage ou les bras, tandis que le reste de l'image demeure plongé dans le noir. Le corps semble ainsi surgir puis disparaître, comme retenu entre plusieurs états.
Une dimension christique apparaît dans la frontalité du corps, la verticalité de la figure, les gestes portés vers le torse et les bras qui se croisent ou se referment. Pourtant, l'œuvre ne construit pas une image religieuse au sens strict. Elle en retient plutôt certains signes, qu'elle déplace vers une expérience plus physique et mentale. La lenteur permet alors de laisser de côté les oppositions habituelles – souffrance ou joie, peine ou espoir, bien ou mal – pour maintenir le corps dans un état de division, entre abandon et contrôle, présence et effacement.
- Date 2013
- Technique Vidéo couleur, muette, 15 min 56 s
- Copyright © Vivian Barigand – Collection de la Province de Hainaut

