Priscilla Beccari
1986 (BE)
Originaire de Tournai, Priscilla Beccari est une artiste plasticienne multidisciplinaire qui explore principalement le dessin, mais aussi la sculpture-objet, l'installation, la vidéo, la photographie et la performance. Également active sur la scène musicale, elle chante dans le duo électro-expérimental Mono Siren. Formée en peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Tournai, elle remporte le Prix des Arts Plastiques du Hainaut en 2013, représente Saint-Marin à la Biennale de Venise en 2017, séjourne la même année à l'Académie de Belgique, à Rome, grâce à une bourse, présente sa première œuvre d'art public à Mons, en 2023, et expose dans l'une des vitrines de la célèbre maison de mode Hermès, en 2024.
Son œuvre, d'inspiration surréaliste, met en scène des rencontres incongrues entre objets organiques, architecturaux ou triviaux, interrogeant la condition humaine –en particulier féminine– à travers des symboles tels que les jambes, l'espace domestique, la sexualité ou le corps, souvent vulnérable, oscillant entre désir et répulsion. Elle aborde également les tensions entre l'intime et le politique, la porosité entre masculin et féminin, ou encore la banalité des objets et gestes répétitifs du quotidien. Ces fragments de vie se répartissent entre enfance, âge adulte et vieillesse, avec leurs lots respectifs d'innocence et de perte, de charge mentale ou de solitude, d'isolement.
Loin de toute volonté de provocation, Beccari travaille avec ironie et dérision –parfois teintées d'un humour noir– en puisant dans les fables et contes populaires. Elle enchaîne et articule différents éléments entre eux; ses affects, ses souvenirs, ses tourments, ses fantasmes comme les parties d'une longue phrase visuelle, procédant par métonymie et par métaphore pour produire des saynètes cruelles et désenchantées, des archétypes anciens réinterprétés à la lumière des réalités contemporaines.
Son œuvre, engagée, s'inscrit dans une démarche écologique et éthique: elle privilégie l'économie de moyens et les matériaux récupérés. Sous une apparente naïveté du trait et fragilité des sujets, elle développe un univers ambigu, traversé d'une violence feutrée, où affleure une douce âpreté.