Sylvie Pichrist

1970 (BE)

Sylvie Pichrist développe une pratique pluridis­ci­plinaire, allant du dessin à la performance en passant par le textile et l’installation. Son travail s'inscrit dans une démarche fic­tion­nelle, guidée par les principes de méta­mor­phose liés au vivant et par une volonté d'interaction avec l'autre. Le corps, le monde extérieur et la nature deviennent pour elle des outils d'exploration, révélant la fragilité et les limites de ces échanges, en particulier celles du corps confronté à la nature.

Si son œuvre repose sur une technique mixte, elle accorde une prédilec­tion marquée à la couture et aux objets en tissu. Elle conçoit ou transforme des vêtements et accessoires, souvent issus de la récupéra­tion, glanés au fil du temps, qu'elle détourne et réinvestit à la manière d'un cycle de vie en perpétuelle mutation. Ces objets du quotidien, transformés ou trans­fig­urés, deviennent les vecteurs de mises en situation poétiques ou critiques, enracinées dans une forme de rituel. La toile de fond de ces mises en abîme est souvent constituée par les traces d'une société en perte de repères –déshu­man­isée, désol­i­darisée de la nature– que l'artiste interroge avec autant de gravité que d'ironie.

Toujours en tension, son œuvre avance en équilibre sur un fil invisible, frôlant la chute sans jamais y céder. Chaque performance, minu­tieuse­ment pensée, mesurée et ajustée, place le spectateur dans une attente suspendue, une respiration retenue. Elle l'invite à participer à ses instal­la­tions, ses workshops, et surtout à ses "cérémonies", véritables rituels per­for­mat­ifs porteurs d'un imaginaire fragile, symbolique et profondément incarné.