© Guerilla Girls – Collection de la Province de Hainaut

Guerrilla Girls

Las Mujeres Artistas en Ecuador están en la lona, 2017

Cette affiche, conçue en espagnol pour un contexte équatorien, adopte les codes graphiques d'une une de journal. Le choix de la langue locale permet aux Guerrilla Girls d'adresser directement leur critique au public concerné, tout en montrant que les inégalités qu'elles dénoncent ne relèvent pas d'un cas isolé, mais se rejouent dans différents contextes culturels et insti­tu­tion­nels. L'en-tête fictif, La Hora. Lo que necesitas saber (L'Heure. Ce que vous devez savoir), situe d'emblée l'image dans le registre de l'information et de l'actualité.

Le titre, Las mujeres artistas en Ecuador están en la lona (Les femmes artistes en Équateur sont au tapis), reprend une expression issue du vocabulaire de la boxe : être "en la lona" signifie être à terre, mise K.-O. L'affiche transforme ainsi les chiffres en un véritable rapport de forces. À Quito, les artistes hommes représen­tent 79 % contre 21 % de femmes dans la collection Alberto Mena Caamaño ; à Cuenca, les hommes représen­tent 74 % contre 26 % de femmes dans la Biennale de Cuenca entre 1987 et 2017. En présentant ces données comme des scores, les Guerrilla Girls rendent visible la violence d'une inégalité struc­turelle tout en soulignant son ancrage local. 

L'humour graphique et la forme médiatique ne réduisent pas la portée critique du message ; ils en renforcent au contraire l'efficacité, en rendant immé­di­ate­ment lisible la sous-représen­ta­tion des femmes artistes dans les insti­tu­tions culturelles équatoriennes.

Guerrilla Girls Forever: Poster Suite

Impressions numériques. Editions Michèle Didier 

2017-2021

Réunie sous le titre Guerrilla Girls Forever: Poster Suite, cette sélection reproduit plusieurs affiches produites par les Guerrilla Girls dans des contextes géo­graphiques, lin­guis­tiques et insti­tu­tion­nels différents. Portugais, espagnol, allemand, malayalam, chinois ou anglais : les langues utilisées ne relèvent pas d'un simple principe de traduction, mais d'une stratégie d'adresse. En adaptant leurs messages à des situations locales, le collectif montre que les inégalités de genre, de race et de pouvoir traversent le monde de l'art à l'échelle inter­na­tionale, tout en prenant des formes spécifiques selon les lieux, les insti­tu­tions et les récits culturels.

L'ensemble articule plusieurs registres car­ac­téris­tiques de leur pratique : recours aux sta­tis­tiques, slogans percutants, détourne­ment d'images célèbres, références historiques, humour mordant et inter­pel­la­tion directe des insti­tu­tions. Certaines affiches ciblent la sous-représen­ta­tion des femmes artistes dans les collections et les expositions, tandis que d'autres déplacent la critique vers les stéréotypes culturels, l'exclusion, le financement des musées ou les liens entre mécénat, pouvoir économique et réputation. Par leur circulation, leur lisibilité et leur capacité à condenser des données complexes en images immé­di­ate­ment accessibles, ces œuvres composent une critique collective des mécanismes qui déterminent qui est montré·e, nommé·e, soutenu·e ou maintenu·e dans l'ombre.

  • Date 2017
  • Copyright © Guerilla Girls – Collection de la Province de Hainaut
Affiche

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